petite dédicace à tous mes zouzous - et à nos p****n de nuits complètement arrachés devant les caissons à se défouler - oh oui que c'est bon de se lâcher de temps en temps et d'évacuer toutes ses angoisses par la danse - sauvage? - alors petite sélection perso pour se remémorer en attendant la prochaine soirée D'nB -
bon, c'est sûr qu'être devant son ordinateur à écouter ça, c'est pas le top; il faudrait un endroit avec plein de gens en train de se déchaîner, avec du matériel qui en envoie plein les oreilles et qui emporte tout le monde sur son passage - c'est un truc à vivre (comme toute expérience musicale me direz-vous) - tout le monde qu'est là pour bouger, pas pour se regarder ou rester stoïque à analyser la production sonore - faut plutôt se l'imaginer, là c'est sûr c'est pas facile - mais à force, quand j'écoute de la drum'n bass, je ne peux m'empêcher de me remettre immédiatement dans l'ambiance - de symbiose collective -
ah, les zouzous... - c'est pour tous nos délires, et ceux à venir - les barres de rire -
bon voilà, maintenant que je parviens à insérer de l'audio dans mes notes - je vais faire partager toute la palette de musique que j'écoute - funny, isn't it?
"patience?... patience?...
où tu veux en v'nir avec ta m'nace?" Arletty,
dans "hôtel du nord" de Marcel Carné
dans un de mes billets précédents, je publiais une vidéo évoquant l'humeur dans laquelle j'étais (et je suis encore), et qui imageait la quête d'un angle mort (métaphore de tant de choses - cf. le premier couplet) - or, ce vidéo-clip (que je trouve être très parlant aussi visuellement) était un extrait d'un album concocté il y a un an par casey (du groupe anfalsh), hamé (du groupe la rumeur), et zone libre (ex-musiciens de noir désir) - c'est alors mit à planer sur mes correspondances voxienne la question du rap (français en l'occurrence) - je ne vais pas ici faire tout un topo de ce qu'est la culture hip hop depuis son émergence il y a trente ans - il faut juste savoir qu'elle est riche et très complexe - malheureusement depuis dix ans mise à mal - je dois reconnaître que ce qui nous en est donné de voir n'a plus grand chose à voir avec ce qu'elle fut les vingt premières années de son existence - certains défendent encore ses valeurs fondatrices et c'est tout à leur honneur, d'autant qu'ils savent pertinemment qu'ils ne bénéficieront d'aucune couverture médiatique, celle-ci étant occupée par des pantins du grand capital se goinfrant de clichés - les pauvres représentants de cette intégrité culturelle, si injustement étouffés, durcissent en effet le ton - je l'avoue, mais je le comprends - faire partie d'une si riche culture, autrefois contestataire et marginale, toujours en quête d'expérimentation musicale, qui s'est faite si atrocement phagocyter par les industries musicales pour n'en faire qu'une parade de clowns - oui, il y a de quoi s'énerver - alors on décrit leur frasques de "hardcore"... et oui c'est pas joli joli -
pour en revenir à ce qui nous préoccupait au début - je développerais la question de la culture hip hop dans plusieurs articles suivants - oui, y a de quoi écrire un gros bouquin - comme pour la musique classique, le jazz, le blues, world, musique traditionnelle, rock et tous ses penchants, funk, électronique, bref, comme pour tous les styles, pour peu qu'on reste ouvert d'esprit - je vais déjà tenter sur cette note de parler de hamé et la rumeur, et de casey et anfalsh -
casey (du 9-3 comme on dit) débuta il y a bien plus d'une dizaine d'années et fonda anfalsh aux côtés de sheryo et navea, préférant dès le début tous les trois se produire sur scène - au tournant des années 2000, leur réputation n'était plus à faire - sheryo devint célèbre pour son sens de l'improvisation, ses clashs, et son flow si particulier - quant à casey, tout de suite déjà respectée dans tout le milieu hip hop pour ses talents de mc, de lyriciste, et pour son flow chirurgical - la rumeur notamment les remarqua et les firent apparaître sur leur premier album - leur production sur disques se développa - et la séparation des trois comparses arriva, et casey recruta des collègues à elle nommés b.james, et prodige - anfalsh existe donc aujourd'hui sous cette formation là, même s'il ne s'agit pas d'un groupe à proprement parler - casey sortit en 2006 un premier ep appelé "ennemi de l'ordre" et puis une compilation de toutes ses apparitions sous le titre "hostile au stylo", fin 2007 paru son premier album "tragédie d'une trajectoire" - elle fit les premières parties de la rumeur en concert avec anfalsh - et voilà comment j'ai pris ma claque! - car évidemment ses talents d'écriture et de diction sont indéniables, et son envie de défendre la probité de la culture hip hop est plus que respectable - mais là! quelle bête de scène! je l'ai vu alors dans une salle où elle était une quasi-inconnue pour le public, et à elle-seule, elle a enflammé toute la salle - je dirais même plus que la rumeur qui monta ensuite - je crois ne pas trop m'avancer si je dis que ce fut la révélation de la soirée pour tous ceux qui ne connaissait pas trop le rap - je ne peux donc que conseillait à tout le monde d'aller la voir en concert c'est une tuerie! - ah oui, j'oubliais, franchement la question sexiste de demander si le fait que ce soit une fille change quelque chose, ne se pose même pas une seconde - on parle de grand art là -
voici juste un extrait de "tragédie d'une trajectoire":
hamé, membre de la rumeur - quel nom pour un groupe de musique et de rap notamment! - je développerai plus en détail les œuvre de ce crew dont je ne ferai ici qu'un bref résumé - groupe créé au milieu des 90 et comprenant quatre rappeurs de paris et sa région hamé, le bavar, le paria, et ekoué, puis deux dj's soul g et kool m - la rumeur commencera par une trilogie de ep, paraissant au rythme de un par an - le premier de ekoué intitulé "le poison d'avril" sorti en 97, puis celui de hamé "le franc-tireur" l'année suivante donc, et enfin le bavar et le paria en duo - cette trilogie constitua une excellente entrée en matière où chacun pu exposer ses talents à travers les sujets qu'ils voulaient traiter, et ceux-ci bien pensés ont marqué nombre de rappeurs - à souligner surtout la qualité des productions sonores des deux djs - au milieu de cela paru un maxi, marquant lui aussi, comprenant "pas de justice, pas de paix" - puis leur discographie se poursuivi avec leur premier album commun "l'ombre sur la mesure" (2002) - où se pose leur univers dans toute son intensité - de toute façon je vous parlerais de tout ça plus en détail ultérieurement - agrémenté l'année suivante de quatre titres inédits (dont est extrait le morceau suivant) - point d'orgue d'un conflit avec skyrock, bel et bien les derniers sur le rap! - puis vinrent "regain de tension" (2004) musicalement plus minimaliste pour mettre en avant leur propos percutants - album teinté du procès que le ministère de l'intérieur leur avait intenté (c'était alors sarkozy qui en était à la tête - affaire venant seulement de s'achever on espère, comprenant de nombreux rebondissements que je vous conseille d'aller regarder de plus près dans les archives de journaux) - puis en 2007, sort une véritable bombe, leur troisième album "du cœur à l'outrage", très pesant et grave - après vint la parution d'un live et de toute une pléiade d'inédits, de titres conçus depuis leur début mais jamais parus - drôle quand on découvre que nombres de perles présentes là n'avaient pas étaient retenues - actuellement la rumeur repart sur l'idée de publier une trilogie... -
voilà donc un titre dont j'attends votre avis:
15h -
bon alors, je ne sais pas du tout comment ça va apparaître sur la note - parce qu'à chaque fois, il insère un lien et non la piste de lecture direct - mais après une semaine de manip', ça a marché tout à l'heure, alors que j'ai retenté exactement la même chose - sauf peut-être à un moment - je ne sais plus où dans ce bazar - j'ai cliqué sur "vox this" - et je crois qu'après la piste de lecture est apparu - mais je ne suis pas sûr - damn it! -
15h15 -
bon, il semblerait que ça ait enfin marché - donc - pour commencer, je propose là deux extraits de l'album de dead fly buckowski intitulé "land of the rough" - en référence à ma note dont voici le lien: à chacun sa définition du rock :-)
à plus dans le circus -
15h22 -
cette fois, c'est le lien qui ne marche pas - grrrrrrrrrrr - lol - je vais tenter de réparer ça...
15h26 -
il semble que l'erreur soit réparée -
dans la note, je signale que publier un extrait me semblait être une mauvaise idée, vu que l'album doit être considéré dans son intégralité - mais je me suis dit qu'il fallait bien vous appâter (si vous ne connaissez pas) pour découvrir cette œuvre et ce groupe - et puis, il est vrai que ces titres, comme chacun de l'album, sont de telles pépites que même seuls, ils restent puissamment intense! -
15h48 -
sans dec' - il y a plus de vingt ans, quand on parlait des dangers qu'une telle société de consommation pouvaient avoir sur la planète (peuple+nature, hein), on était traité de catastrophistes à côté de la plaque - comme si l'analyse des comportements économiques et sociaux étaient une religion post-hippie et non une science - se soucier de l'harmonie entre l'homme et son environnement, comme le font - oups! "faisaient"! et oui, sont en voie de disparition... bah pourqueuwoua? on se demande bien... - les inuits, les amérindiens, et nombre de peuples asiatiques et africains, c'était même devenu ringard et risible - c'était donc un truc de marginaux que de se soucier de l'écologie - au sens le plus littéral du terme hein, s'entend - et de condamner ces états et ces industries qui ravagent... comment dire... euh... notre avenir à tous - et déjà la vie de beaucoup - ah oui mais zut, ça se passait un peu plus loin alors pfiout pô grave hein, ça nous r'garde pô - et aujourd'hui, qu'est-ce qu'il se passe hein? des décennies plus tard, pas deux minutes - encore ce midi avant d'aller au boulot - sans que ces mêmes enflures qui nous faisaient passer pour des allumés quand on clamait qu'un tel mode de vie basé sur la quête du profit au détriment du respect de la vie, était de la folie suicidaire et criminelle - appelons un chat un chat - donc je disais ces mêmes biiiiiiip viennent nous dire qu'il faut désormais nous responsabiliser et que la catastrophe - tiens tiens... - devient réel - nooooooooooooooon, beh ça alors! - merci les gars! - mais t***ducs, si vous aviez écouté la science plutôt que votre dieu argent comme on le préconisait, on en serait peut-être pas là - ça fait longtemps qu'on a prit nos responsabilités nous, c**nards! - alors vos leçons vous pouvez vous les carrer dans le *** -
attention, c'est effectivement une très bonne chose que partout, dans tous les médias, l'écologie soit au centre des débats et que le message se propage - parce qu'il est vrai que tout le monde ne se sent pas forcément concerné - ce que je condamne c'est qu'ils ne reconnaissent pas leur tort - et pire, pendant qu'ils font culpabiliser tout le monde, ils continuent, en catimini, à tout détruire... - bah ui, quand même, croyez pas qu'ils vont s'arrêter, vu que c'est de votre faute, pas la leur - et puis y'aurait pu d'travail qu'ils vont diront - soyez pas cyniques - par contre, c'est tant pis pour vos enfants -
après avoir essayé de nous vendre un capitalisme à visage humain, y vont essayer de nous vendre un capitalisme à visage écolo - non sans dec', croient sérieusement qu'on va gober? -
alors je ne demanderais pas aux lecteurs de ce billet d'humeur de s'insurger contre ces états et industries, ce n'en est point l'objet - mais si, au moins, ils ne blâmaient pas ceux qui le font - (et il n'y a pas de question de méthode qui tienne - on parle de l'avenir de nos enfants là) -
par contre n'essayez pas de me placer quelque part sur un quelconque échiquier politique après avoir lu ce billet - ce serait vain, je vous assure -
oui, des fois, funk155U-es il est pas content content - ouhlala! - et désolé si c'est pas joli à voir - lol - mais c'est un coup de gueule (j'avais prévenu), vous vous attendiez à quoi? - lol -
une dernière chose, que ceux qui doutent de mes dires sachent que j'ai toutes les données et la documentation (des faits sans aucune orientation idéologique hein - me prenait pas pour un bleu merci) sur le sujet à la maison - je voulais me défouler; pas faire un exposé -
ps: je tiens à souligner que la culture hip hop est bien plus intéressante que ce que les... euh... industries nous montre - ceci n'en est qu'un exemple - extrait de l'album d'assassin "le futur que nous réserve-t-il?" sorti en 1992 - c'est un souvenir de mon enfance quoi -
bon je ne ferais pas découvrir un artiste avec cet article, puisque tout le monde connaît - mais je ne peux tenir un blog sérieusement sans évoquer lightnin' hopkins - tout simplement parce que je suis fan -
voilà voilà, je rajouterai d'autres vidéos une fois prochaine -
a plus
disons le tout de suite, "thirst" de park chan-wook est tellement énorme, qu'il va m'être difficile d'en parler à chaud, faut que je retourne au cinéma le voir - j'étais mort de rire les 3/4 du film, pas seulement parce qu''il est drôle mais surtout parce que j'étais content de découvrir une œuvre si géniale -
mon histoire avec ce réalisateur commence en 2003 devant un cinéma où "sympathy for mr vengeance" était à l'affiche, et je me suis dit pourquoi pas? et j'avais eu raison car j'avais adoré - puis "old boy" en 2004, alors là, LA claque de l'année - film aujourd'hui culte d'ailleurs - mais voilà, je fus vraiment déçu par "sympathy for lady vengeance" (2005) qui a suivi, et j'ai loupé la sortie de "je suis un cyborg" en 2007 - et là, l'autre soir, quand j'étais devant l'écran, tous les bons souvenirs de "old boy" et "sympathy for mr vengeance" sont remontés - c'était excellent -
je n'ai pas vérifié s'il s'agissait du même chef opérateur sur "thirst" que sur les deux films auxquels je fais référence mais visuellement la patte est la même - c'est superbe - un cinéma qualifié de "baroque" par certains - en tout cas, une maîtrise exemplaire! -
un rythme bien tenu dès le début - même si à un moment on se retrouve avec cette question "comment tout cela peut-il s'achever" - la fameuse respiration avant le dénouement final (juste avant que les habitués ne leur rendent visite) -
et des personnages, mais quels personnages! - comme dans tous ses films, ils sont si humains, si attachants, comme on aimerait en rencontrer plus souvent - ils ne sont pas tous en corée du sud, dites-moi - tous interprétés avec un tel brio que c'en est époustouflant - j'étais subjugué tout le film par le personnage de tae-ju et son actrice (kim ok-vin) dès son apparition à l'écran (dans un coin et flou mais au premier plan; et sans dire un mot mais tellement expressive!) - voir un sommet lors de la scène où elle se révèle lorsqu'ils parlent du "jeu" autour de la table - et qui par ailleurs me confirme que rien ne vaut une bonne V.O.S.T. - parce que là sérieux, je vois pas comment un doublage peut rendre compte de son expression, ses intonations,... - incomparable -
une histoire et un récit extrêmement bien maîtrisé dans chaque scène - sans en faire des caisses mais avec un ton décalé et très sensible - bah ui, c'est du park chan-wook, donc forcément - tout fait mouche - voir la première scène de coït, terrible! - la trame (tragique?) somme toute classique, d'une malédiction qui s'abat sur un homme (sang-hyun) qui n'aspirait qu'à faire le bien autour de lui, se suit sans s'égarer, sans lacune, et sans tergiversation - preuve d'un film abouti - avec poésie, métaphysique et des questionnements existentialistes, et surtout en bonne tradition littéraire du fantastique, l'irruption d'un évènement surnaturel dans une routine quotidienne qui va bouleverser le cours naturel des choses - on colle à sang-hyun (joué par song kang-ho, vu dans "the host") constamment poussé à lutter contre des démons intérieurs, à devenir soi-même ce qu'il a toujours condamné - et park chan-wook prend de biais la question de la fascination que la condition de vampire peut susciter - et oui, ici c'est bien moins péteux et bien moins mièvre que "entretien avec un vampire" - la religion... comment dire... pfff... allez voir le film - et le personnage génial du patron de la paroisse dans laquelle officie le héros - j'étais encore mort de rire en sortant de la séance parce qu'au final, aucun personnage n'est enviable - un tour de force en général que ce long-métrage -
vous me direz, oui mais pourquoi des spectateurs ont déserté la salle durant la projection? - beh demandez-leur à eux, parce qu'honnêtement, je ne vois pas - je riais trop? - non - chacun ses goûts? - mouais - il n'empêche que je ne saurais que trop vous ordonner de vous rendre au cinéma aller voir ce film!!!! -
deux semaines de festival gratuit d'art contemporain dans ma ville - hey! je n'vais pas m'en priver -
"Hôtel D" de Victor Burgin (2009) - au sein d'une chapelle, une pièce sombre fabriquée ressemblant à une immense boîte cubique - oui le coup classique me direz-vous de la view-box ou je ne sais plus comment qu'ils nomment ça m'enfin bref - on rentre - voir la projection - rebutant au départ - on s'assoit et les photos défilent comme un diaporama des plus basiques dans un silence de mort - panoramique - zoom - travelling - des cadrages d'une précision chirurgicale - la notion d'espace est épurée (juste des lieux filmés en toute subjectivité, aucun humain) pour mieux la travaillée - création du sens et du sujet - une étrange continuité, pas seulement cohérente -
autre lieu d'exposition - mais on a joué l'esquive passant par une porte entrouverte, l'envers des choses - au bonheur des failles - comme si l'art prenait vie en-dehors des murs où on l'attache - une notion qui m'est chère j'avoue - car au milieu d'un milieu de personnes que trop imbus de leur personne - j'en venais à me demander: si le non-art est de l'art, alors... - et nous voilà errant, traînant dans les couloirs et escaliers d'un bâtiment découvrant des touches artistiques de ci de là - hors-cadre et donc bien plus libre et bien plus parlant - je retiens surtout cette inscription:
"Bienheureux les fêlés, car ils laissent entrer la lumière"
puis, par la suite, Andreas Döbler - comment dire? euh... - toute une exposition n'exprimant rien -
ensuite, "bruits de surface" de sylvie defraoui (1995) - qu'est-ce qu'on voit dans ce film? - des projections sur des verres à boire posés sur les nappes d'une table - ces projections apparaissent au fur et à mesure que les verres se remplissent de lait - les verres sont virés et une couche de nappe et enlevé - et rebelote, de nouveaux verres sont posés, de nouvelles images projetées dessus - se déroule comme des tableaux de théâtre - j'avoue, on était déjà un peu bourré en arrivant, alors on s'est tapé de bonnes barres de rire - mais il n'empêche que "je tâcherais de m'en souvenir"....
voilà voilà, encore plein d'autres expos à faire la semaine prochaine et pas des moindres au programme -
"Silence.
Pas même le tonnerre.
En abaissant la bouteille, les dents serrées pour lutter contre la morsure de l'alcool, il tenta de se confectionner un sourire cynique pour répondre à la douleur qui palpitait au fond de lui."
Tim Willocks, Bad City Blues (1991)
la journée la plus éprouvante de ma vie -
"- que me suggérez-vous?
-allez au théâtre; le cinéma se meurt... au moins, le théâtre est mort depuis longtemps."
aïe aïe aïe, ce film hongrois d'attila gigor (2009) est, disons-le tout de suite, visuellement moche - les cadrages sont mauvais; surtout les plans "casquette" dès qu'un perso parle, qui sont tout bonnement horripilants - s'ajoutent de gros soucis de focale - et des couleurs ternes digne du meilleur (pire?) des derrick - je me demande si ça n'aurait pas été préférable de le faire en n&b - mais le plus insupportable, c'est ce montage, qu'est-ce que c'est que ces raccords complètement ratés?!!! -
cela dit, de quoi donc ça parle? - pitch: "tibor malkav est médecin légiste dans un hôpital. sa mère qui a un cancer pourrait être opérée mais il n'a pas assez d'argent. c'est alors qu'un homme lui propose une grosse somme pour assassiner un inconnu" - oui oui oui, encore un polar me direz-vous; je sais, que voulez-vous, quand je me lance, c'est pas à moitié... -
je parlerais d'abord des personnages (c'est important), et ben... honnêtement, à part les guichetiers du cinéma (cf. la réplique en haut), rien d'original, pour peu qu'on ait déjà vu/lu un polar - le héros, sa dulcinée, le duo de policiers, le maître-chanteur, les couples adultères, le méchant ("cyclope"), etc... tous construits selon un schéma maintes fois usé et abusé - le personnage du maître-chanteur aurait gagné à être plus travaillé - l'association entre un héros froid et impassible, et sa compagne, toujours pleine de vie... merci mais v'là qui est déjà éculé - mais qu'est-ce donc que ce protagoniste principal? même pas un humain! sans dec, du début à la fin, impossible de le voir autrement qu'un faire-valoir du scénario, un rouage mécanique, rien d'autre -
(à part les policiers, et la famille) ce qui n'arrange rien à l'affaire, c'est que les acteurs principaux ne savent pas jouer! - bon, on s'y attend dès le générique d'introduction avec l'histoire de la française au portable - mais difficile de sortir son épingle du jeu avec une si piètre direction d'acteur -
quant au récit en soi, beh rien d'original, et pas vraiment les meilleures idées retenues - un polar (plus que) simple mais pas efficace pour autant - les ficelles du scénario de la taille d'un string de mammouth, ne laisse place à aucun suspense, aucune tension - tout se déroule selon une mécanique que trop huilée, revue et corrigée il y a déjà longtemps - une enquête par étapes qui se succèdent selon les règles traditionnelles du genre - bref, un méchant arrière-goût de la plus pure application scolaire - même les touches humoristiques sont téléphonées d'avance - et les quelques percées surréalistes me rappellent un certain cinéma russe, sauf qu'ici elles sont si malvenues - aucun lien probable avec l'imaginaire du héros, et n'imagent aucune folie/poésie mais juste des faits visibles et clairs - donc des apparitions inutiles, gratuites, et incohérentes - le propos du film? lol, rien de nouveau non plus - comme si ça ne parlait de rien.... -
et dire qu'hier soir j'hésitais entre allez voir ce film et "parking"...je doute que le taïwannais puisse faire pire - je vous dirais ça - pour l'heure, rien de follement exotique en hongrie...
"Vous voulez que je m'enferme avec vous dans la cellule et vous avez cru que j'allais le faire parce que vous m'avez vu tourner en rond dans ma propre prison. [...] Vous avez rendu la prison réelle. Vous m'avez obligé à cogner ma stupide tête contre les murs. Le problème, c'est qu'à l'intérieur les choses sont plus faciles. A l'extérieur, je ne peux plus accuser personne. Il ne reste que moi."
je continue de piocher dans ma très grande, jusqu'à en devenir chancelante, pile de polars achetés compulsivement cet été, histoire de me lancer dans la découverte de ce genre littéraire - et le dernier lu est donc "bad city blues" de tim willocks (1991) - encore une fois, j'avais déjà lu une œuvre de l'auteur, "les rois écarlates" (1995), qui s'avère en être la suite, ce que j'ignorais jusqu'à maintenant -
revenons à "bad city blues", dont la quatrième résume l'histoire ainsi "Callie, ex-prostituée camée à la cocaïne, réussit le casse du siècle en braquant la banque de son mari: un million de dollars à partager avec Luther Grimes, un vétéran du Vietnam reconverti dans le trafic de stupéfiants. Pour doubler son complice, la belle séduit son frère, Cicero Grimes, un psy déjanté. Et le capitaine Jefferson, un flic sadique, espère bien récupérer sa part du butin..."
dit comme ça, l'histoire semble très retorse, avec de l'action et des rebondissements débordant de chaque chapitre - bah non! - pas du tout en réalité - moi qui reprocher précédemment à un auteur de ne pas tirer assez les traits psychologiques de ses personnages, alors là, je suis servi - chaque sentiment, chaque sensation ressentis par chaque personnage sont décortiqués dans le moindre détail, comment ils perçoivent et appréhendent les évènements qui se présentent à eux, et cetera - l'action se déroulant étant épurée et étirée dans le temps, la place est occupée par la quête du pourquoi du comment (et inversement!) - pas de devinettes, les réponses se trouvent dans le passé des gens - le récit se construit donc autour d'un schéma connu: plus on entre dans la psychologie des personnages, plus le champs des possible, qu'offre le point de départ de l'histoire, se rétrécit - plus on comprend comment ils fonctionnent, plus le dénouement se dessine avec précision - l'étau se resserre et on se doute bien que ce ne sera pas joyeux au final - bien, mais l'exercice est périlleux et... malheureusement, vous vous en doutez, l'auteur ne relève pas le défi haut-la-main - bon, on présente les personnages, l'intrigue, et puis après? après on cherche à savoir pourquoi c'est comme ça (au lieu de résoudre cette affaire) - et bon sang que ça traîne en longueur! - la tension ne monte pas, et tout est lassant tant on ne peut s'accrocher à rien, que c'est statique, voire répétitif - construire son récit sous forme de spirale (tourner autour du pot pour mieux plonger dedans) présente en effet un risque majeur, celui de laisser le lecteur avec l'impression de ne pas avancer, ou alors en un ralentit extrême et rageant - il aurait fallu peut-être injecté un peu de suspense à chaque chapitre parce que comprendre ne suffit pas à s'impliquer - ici, pas vraiment de quoi nous tenir en haleine - non mais y a carrément un chapitre entier à jeter! tant il ne sert strictement à rien -
et l'écriture... non mais après chacun ses goûts mais moi, bof bof - trop prétentieux encore une fois, à côté de la plaque - faussement saccadée - pas des plus juste - transgressions des règles trop souvent gratuites - parfois redondant -
alors oui, au final, quand vraiment tout s'imbrique et que ce joue le dernier acte, là oui, ça devient plus que palpitant - et la fin ce lit d'une traite - et ce n'est pas forcément à toute cette pompeuse préparation du terrain en préliminaire qu'en revient le mérite -
m'enfin, à part ça, qu'est-ce que nous révèle donc cette œuvre? - il y a des blessures dont on a non seulement beaucoup de mal à se remettre, mais pire, qui peuvent faire de nous des monstres - et l'auteur nous montre donc comment certains assument d'en être arriver là (là faute aux autres...), quand d'autres se dégoutent et aimeraient se maîtriser, être quelqu'un de bien contre vents et marées, pouvoir se regarder dans le miroir et ne pas se voir dominé par des pulsions de mort - "il n'y a pas de justice, il y a nous" - et tim willocks effleure la question de la place de ses monstres dans la société, sans plus s'y attarder -
une œuvre digne d'intérêt - et je tiens à le souligner, même s'il n'y a pas de quoi crier au génie, hein -
"Tu devrais pouvoir presque tout récupérer. Trop de sang pour qu'il brûle"
Qu'est-ce que tu deviens ? read more
on ah ben, bravo les zouzous!...